L'abbaye escarpée, poussée là-bas, loin de la terre, comme un manoir fantastique, stupéfiante comme un palais de rêve, invraisemblablement étrange et belle (Guy de Maupassant)

vendredi 10 juillet 2015

Une journée à Brouains et Sourdeval
mercredi 24 juin 2015

Aujourd'hui, le compteur kilométrique du GR22 en restera là où il s'est arrêté hier soir à mon arrivée à la Terterie. Cependant, pas question de rester immobile...

Je prends mon petit déjeuner un peu plus tard que les jours précédents ; c'est Marylène qui le prépare, mais la traite des vaches s'achève vers neuf heures et demie ; Christian lui est parti depuis longtemps prendre son poste à l'usine où il commence à cinq heures (il terminera à treize heures).
Au petit déjeuner, confitures maison, mais aussi "lait maison" sorti du pis des vaches hier soir. C'est la redécouverte émue d'un goût oublié : celui du "vrai lait" qui fait paraître le lait demi-écrémé vendu dans le commerce comme de l'eau colorée en blanc au goût édulcoré. Ce vrai lait qui fait remonter les souvenirs : lorsqu'en vacances dans le Jura ou déjà en Normandie, au milieu des années soixante (du XXe siècle !) nous allions le soir, soit à la coopérative laitière, soit chez un agriculteur, chercher dans notre bidon en aluminium un litre de ce lait qui venait de sortir du pis des vaches.

Je prends le chemin pour Sourdeval (2 660 habitants) à une heure bien avancée de la matinée ; il fait beau et chaud, mais le parcours à l'aller - dans la vallée de la Sée - est agréablement ombragé et quasiment plat de bout en bout. Il emprunte le tracé du tramway qui transportait marchandises et personnes, et dont l'exploitation s'est arrêtée en 1935. Près de Sourdeval, le chemin surplombe le site de l'ancienne usine Guy Degrenne, qu'elle occupa avant son déménagement à Vire.


La vue de ma chambre, à la Terterie
Ancienne usine Guy Degrenne à Sourdeval







Après un petit tour de ville, je vais déjeuner au bar-hôtel-restaurant Les Voyageurs où pour à peine 12 euros, je fais un repas simple et bon : buffet d'entrée (à volonté), brochettes de boeuf (avec salade ou frites), fromages, buffet de desserts (à volonté). Dans la salle, à l'écoute des conversations : beaucoup d'artisans et d'ouvriers travaillant sur des chantiers alentour.

Au moment de payer, je dis ma satisfaction au sympathique patron qui m'explique qu'il propose très peu de plats principaux (trois pas plus), chaque jour de la semaine différents, et que pour éviter la "resserve" (sic) [c'est-à-dire resservir le lendemain les mêmes plats], il livre les portions restant après le service à des personnes âgées (à faibles revenus) de la région, leur fournissant une nourriture de qualité meilleure que celle de la structure hospitalière ou de l'ADMR.


Place de la marie à Sourdeval
En attendant l'ouverture de la pharmacie et de la supérette où je dois acheter mon pique-nique pour le lendemain, je vais me mettre à l'ombre sur un banc place de la marie pour lire le roman qui a voyagé dans le sac à dos sur le GR22, un roman que Anne m'a conseillé (et dont je recommande à mon tour la lecture) : Le Mur invisible (Marlen Haushofer). Dans ce roman, il y a du Robinson Crusoë, en plus tragique...

Je reviens tranquillement, sous un soleil ardent, à La Terterie où j'arrive vers 16h30. Douze kilomètres parcourus pendant cette journée de repos, c'est parfait. Christian est revenu du travail : il tond la pelouse et plante des petits pois. Nous écoutons chanter un pinson des arbres perché sur une branche au sommet du cerisier. La vie à Brouains.

Le soir, je m'offre un très bon repas à l'Auberge du Moulin, sise à une encablure de la chambre d'hôtes. Amuse-bouche très délicat soupe de melon au jambon normand ; puis : huîtres de Blainville, souris d'agneau confite à la bière brune, sorbets - le tout accompagné d'un excellent poiré.

Voir les photos de Sourdeval et Brouains.

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