L'abbaye escarpée, poussée là-bas, loin de la terre, comme un manoir fantastique, stupéfiante comme un palais de rêve, invraisemblablement étrange et belle (Guy de Maupassant)

vendredi 10 juillet 2015

De Bas-Courtils au Mont Saint-Michel
lundi 29 juin 2015

Nous sommes à une dizaine de kilomètres du Mont.

Il ne quitte pas notre champ de vision pendant cette dernière étape que nous savourons à pas mesurés. Le Mont grandit peu à peu ; des détails de son architecture apparaissent progressivement ; le ciel s'éclaircit et la lumière change au fil de la matinée ; le spectacle nous éblouit et nous remplit d'émotion.


Le ciel s'est éclairci
Heureux d'être au bout du chemin
En début d'après-midi nous arrivons au lieu-dit La Caserne, zone de concentration hypertouristique récemment aménagée dans le cadre de l'opération visant à rendre au Mont Saint-Michel son caractère insulaire (voir le site sur le sujet). Ce n'est pas franchement laid, ni franchement beau ; cette zone a le mérite d'absorber le flux des touristes venus du monde entier pour admirer la Merveille.

Au cours de ma balade, j'ai entendu à plusieurs reprises des personnes me dire que l'aménagement de cet endroit - La Caserne - avait été uniquement conçue pour tirer de l'argent des touristes : tarif élevé du parking ; pas d'hôtels bon marché, etc. Mon opinion est plus nuancée : il n'y a plus désormais de voitures tout près du Mont ; des navettes gratuites circulent en permanence et tard le soir de La Caserne au Mont (le mieux étant - si on le peut - de parcourir à pieds les deux kilomètres qui mènent au Mont) et, il faut bien, qu'on le veuille ou non, canaliser le flot des touristes, les loger et les faire manger. Tout cela a un coût pour la collectivité.
Une maringotte pour se rendre au Mont Saint-Michel
En revanche, afin que le Mont redevienne un authentique village, je serais partisan de la fermeture de la plupart des boutiques et commerces de la Grande Rue - à l'intérieur des remparts du Mont - où de trop nombreux marchands du temple vendent de la camelote made in China. Aujourd'hui, il faut attendre d'être monté sur les hauteurs et s'être approché de l'entrée de l'Abbaye pour ressentir la beauté intense du site et se laisser envahir par son histoire millénaire. En bas, règne la Grande-Rue me semble la caricature des rues piétonnes dont toutes les villes sont dotées. Ici, c'est particulièrement dommage.

Je me suis posé la question suivante en me rendant au Mont : parmi les hordes de touristes qui franchissent le mur d'enceinte, combien font la visite de l'Abbaye et des bâtiments conventuels ? et combien de temps y passent-ils ? Je crains que pour une majorité d'entre eux la visite se résume à l'aller et retour de la Grande Rue, plus éventuellement pour quelques-uns un petit tour sur les remparts. 


Le couple de randonneurs
Sur le Mont : ombre portée
A La Caserne, nous allons pique-niquer en plein soleil sur le nouveau pont-barrage du Couesnon avec vue directe sur le Mont. Là, nous rencontrons à nouveau le couple de randonneurs dont j'avais fait la connaissance sur le GR22 à Saint-Pois, et revu à Avranches samedi après-midi ; ils repartent ce soir du Mont.

Nous allons nous reposer à l'Hôtel Vert où nous recevons un accueil très sympathique, avant de parcourir les deux derniers kilomètres qui nous séparent de la Merveille - derniers kilomètres que nous effectuons ni en maringotte (voiture hippomobile), ni en bus. Comme ce matin sur les digues et les herbus en partant de Bas-Courtils, nous marchons lentement pour savourer et saisir l'extraordinaire beauté du site.

Le soir après dîner, la fatigue disparue (?), nous repartons pour une seconde visite au Mont regarder le coucher du soleil.



Voir les photos de l'étape de Bas-Courtils au Mont Saint-Michel.

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